Collection "L'entraide en temps de crise" - Étude de cas: France
La tempête Alex, survenue les 2 et 3 octobre 2020 dans la vallée de la Roya, a été un révélateur brutal des vulnérabilités d’un territoire enclavé et déjà fragilisé socialement. Face à l’isolement total, à l’effondrement des infrastructures et à l’absence temporaire de secours, la population a spontanément réagi avec un puissant élan d’entraide. Ce phénomène, bien connu mais rarement documenté en profondeur, est au cœur de cette étude.
L’un des enseignements majeurs de cette étude est que l’entraide ne doit plus être vue comme un supplément d’âme spontané, mais comme un levier stratégique à intégrer dans la préparation et la gestion des crises. Elle n’est ni marginale ni passagère : elle constitue une réponse collective robuste, à condition d’être reconnue, soutenue, et articulée avec les dispositifs institutionnels.
Sur le projet « Entr’aide & crises »
Les populations exposées, non préparées ni formées à vivre les catastrophes s’entraident et s’organisent spontanément de manière informelle ; pourtant, les acteurs de l’aide et les secours ne s’appuient que rarement sur ce potentiel... c’est cette contradiction qui sous-tend l’ensemble du projet « Entr’aide & Crises ».
Afin de mieux comprendre les processus d’entraide qui se mettent en place de façon spontanée en situation de crise ainsi que leur articulation avec l'aide institutionnelle, ce projet de recherche opérationnelle repose sur une série d’études de cas.
Ces études couvrent des contextes diversifiés qui ont été touchés par différentes formes de crise (catastrophe naturelle, conflit, crise de l’accueil des migrants) afin d’analyser les stratégies d’entraide en fonction du type de crise et des contextes socio-politiques dans lesquelles elles s’insèrent.
Ainsi en France trois terrains sont étudiés ; dans la vallée de la Roya frappée en 2020 par la tempête Alex, dans le Briançonnais traversé par la crise de l’accueil des migrants depuis plusieurs années et sur l’ile de la Réunion frappée régulièrement par des cyclones. Les trois autres études de cas se situent à N’Djaména (Tchad) impacté par d’importantes inondations en 2022, dans la région du Grand Uki (Australie) durement touchée par les méga feux de 2019 et les inondations de 2020 et enfin à Kharkiv (Ukraine) où les populations survivent et s’organisent dans la guerre depuis 2022.
Ces études de cas contribuent à la construction d’un socle de connaissances et de recommandations opérationnelles pour les citoyens et individus solidaires ainsi que les organisations qui interviennent dans le secteur de la gestion de crise et des secours.