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Décoloniser les données, un prérequis pour une véritable localisation ?

Lever les barrières à la localisation de l’action humanitaire implique une transformation de la gestion de projets qui passera également par la façon dont le secteur collecte et gère ses données, en plaçant les communautés et acteurs·rices locaux au centre.

Cet article questionne la possibilité d’une telle transformation sans une réflexion plus globale sur le « colonialisme des données » provoqué par notre système numérique mondialisé. Et met en avant les prérequis, pistes de travail et exemples de réussite d’une approche responsable de la donnée qui serait réellement au bénéfice de toutes et tous.

Le concept de localisation est officiellement au sommet de l’agenda humanitaire depuis le Sommet mondial sur l’action humanitaire de 2016. Celui-ci est pourtant de plus en plus questionné par l’idée de « décolonisation de l’aide », qui se base sur une approche différente : « deux conversations différentes [se déroulent] simultanément : une discussion technique sur la manière d’améliorer l’aide, et une conversation morale sur la manière d’aborder les dynamiques de pouvoir géopolitiques plus larges qui ont conduit les pays à avoir besoin d’aide en premier lieu »1.

Malgré l’importance prise par la gestion de données programmes ces dernières années2, leurs enjeux peuvent sembler à première vue assez éloignés de ces questions de gouvernance et de rapports de force au sein de la solidarité internationale. Dans une étude dédiée au sujet (Changer de perspective : pour une approche locale de la donnée, janvier 20243), CartONG a pourtant illustré l’impact essentiel qu’avaient les données à la fois sur la possibilité de réalisation de la localisation, mais aussi plus globalement pour changer les rapports de force au sein de notre secteur.

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