Research and Studies

« Cessez de créer des divisions entre nous avec votre ciblage »

Perceptions communautaires de l’aide et de la cohésion sociale dans l’est de la RDC

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Cette étude qualitative menée dans les villes de Mweso et Minova explore les tensions entre les communautés hôtes, les personnes déplacées et les retourné·e·s, ainsi que les mécanismes locaux qui favorisent ou nuisent à la cohésion sociale.

À Mweso, les tensions les plus marquées découlent de la pression économique, des conflits fonciers et d’une forte méfiance à l’égard de l’aide, perçue comme inéquitable ou opaque. À Minova, les tensions sont plus évidentes dans la discrimination quotidienne, l’épuisement des familles d’accueil et la frustration face aux interventions humanitaires perçues comme irrégulières ou mal expliquées. Dans les deux régions, le sentiment d’être « abandonné » ou ignoré alimente les tensions, tandis que les déplacements répétés compliquent la reconstruction des relations.

Les communautés s’appuient sur plusieurs structures locales pour atténuer les conflits : les chefs locaux, les barza (groupes d’anciens), les organisations communautaires, les initiatives de médiation, les églises et les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Ces mécanismes sont perçus comme légitimes, mais manquent deressources et de formation. Les conflits pourraient être évités ou résolus plus rapidement si ces structures étaient mieux soutenues et prises en compte par les acteurs de l’aide humanitaire.

Les discussions de groupe et les ateliers communautaires organisés à la fin de la recherche mettent en évidence les priorités locales auxquelles les organisations humanitaires peuvent répondre : une demande de dialogue plus régulier et plus inclusif, une plus grande transparence sur les critères de ciblage, des distributions plus équitables qui évitent d’opposer les personnes déplacées aux familles d’accueil et une meilleure collaboration avec les structures communautaires existantes. Les participant·e·s appellent également à renforcer les moyens de subsistance, à former les dirigeants locaux et à rendre l’aide plus prévisible et mieux adaptée aux besoins réels. Les acteurs humanitaires proches des communautés reconnaissent la pertinence de ces demandes, tout en soulignant que leur marge de manœuvre reste limitée lorsque les décisions clés sont prises en dehors de leur zone d’intervention.

En résumé, les deux contextes ont des besoins différents, mais partagent des attentes communes : être mieux informés, mieux pris en considération et davantage impliqués. La cohésion sociale ne peut être décrétée ; elle se construit en valorisant et en renforçant ce qui existe déjà et en rendant l’action humanitaire complémentaire plus accessible, plus transparente et plus cohérente.

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